CALENDRIER 2007
>> Rallye des Collines d'Arzacq
--> 03 et 04 mars <--
>> Ronde du Labourd
--> 31 mai et 01 avril <--
>> Rallye Jean de la Fontaine
--> 26 et 27 mai <--
>> Rallye du Gers-Armagnac
--> 14 et 15 juillet <--
>> Rallye Orthez-Béarn
--> 11 et 12 août <--
>> Rallye des Cimes
--> 07 à 09 septembre <--
>> Rallye Dunes et Marais
--> 13 et 14 octobre <--
>> Rallye Plaines et Vallées
--> 24 et 25 novembre <--
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L'interview: Denis Bossy


Denis Bossy
(Photo © N.Malpièce)


1. D’où vient votre passion pour le Rallye TT et quel est votre parcours ?
Ma passion du rallye TT date de septembre 1976. Ce jour là, mon grand père avait emmené le petit garçon que j’étais sur les pentes de l’Aradoy voir passer le Rallye des Cimes qui est devenu la Roche Solutré de la famille. En 1983 j’ai rencontré sur le bord de la spéciale de Bandétia René Delhoste qui courrait déjà en copilote et qui montait une auto. J’étais alors étudiant et je suis allé lui donner un coup de main. Dans le même temps, j’ai aidé quelques copains rencontrés sur les rallyes à courir et c’est ainsi qu’avec mon oncle nous avons « mécaniqué» Daniel Lay pendant une saison. En 1985 j’ai pris ma première licence pour naviguer René. Cette saison c’est réduite à une seule course car le moteur de la DS a cassé dans Moulin de Chai à Arzacq. En 1986, nous étions au départ du 30ème rallye des Cimes, mon premier. Tout en continuant avec René, J’ai donné quelques coups de main en assistance sur les rallyes TT, asphalte, sur les raids naissants et même sur des rallyes du championnat du monde avec parfois un rôle d’assistance rapide. Installé à Bayonne, j’ai rejoint l’ASA Adour Pyrénées où j’ai participé à la naissance du Rallye du Pays Basque (asphalte 1ere div). Comme il manque toujours des copilotes j’ai aussi navigué en rallyes asphalte avec des participations en rallye régional, national, championnat de France, d’Espagne ou d’Europe. J’ai aussi officié comme commissaire sur diverses épreuves et représenté la ligue régionale à la commission fédérale des commissaires de route. Le temps de reconstruire l’auto que nous avions explosé à Bandétia en 2001, j’ai fait deux championnats avec C GUIOT (nous étions 5ème à mi-saison en 2003). La 206 roulante, j’ai retrouvé René pour cette belle saison 2006. Je n’ai jamais compté précisément le nombre d’épreuve auxquelles j’ai participé mais je dois être à un peu plus de 150.

2. Comment préparez-vous vos notes ?
René n’avait que très peu roulé aux notes avant cette saison car nous n’avions jamais le temps de reconnaître. Il utilise donc un système que je tiens de Jean Ragnotti. Il est à la base simple, clair mais peu devenir extrêmement précis si le copilote suit le rythme. Je prends les notes soit avec le convoi, soit à pied ou à vélo (car je ne peux plus faire de moto et je n’ai pas les moyens d’avoir un quad), voir lors du premier passage en course ou avec la vidéo chez Michel Capin. Chaque virage y est défini ainsi que les principaux reliefs, quelques points de corde ou de freinage. Je corrige les notes au fur et à mesure des passages sur les spéciales. Je travaille sur un cahier A4 à spirale au crayon 2B pour pouvoir corriger les notes à la volée. Je n’écris que sur les rectos pour pouvoir plier le cahier. Les notes ne sont jamais recopiées afin d’éviter les erreurs de retranscription et un travail fastidieux pendant que les autres boivent l’apéro le vendredi soir.

3. Quel bilan faites-vous après cette 8e place au championnat avec René Delhoste ?
Un grand plaisir et la satisfaction de voir le travail de toute l’équipe récompensé. Ce résultat est surtout celui des mécanos, Jean Pierre et André car il a été obtenu à l’atelier. René a fait un minimum de fautes et les performances viennent petit à petit. L’objectif de la saison était de mettre au point l’auto, de l’apprendre et de la fiabiliser. Il et donc atteint.
A Arzacq, René n’avait pas encore l’auto en main, nous n’avions pas de notes. Au Labourd, nous avions un soucis de hauteur de caisse et nous avons arraché tout le dessous de l’auto avec en prime un tonneau dans l’avant dernière spéciale. A Soissons, après un voyage épique, nous étions bien mais nous n’avons pas passé les pneus secs pour économiser l’auto. Au Gers c’était pas mal. A Orthez, nous sommes passé à coté du rallye Pourquoi ? Au Cimes nous avons crevé 4 fois (les 4 pneus neufs) mais remplis notre contrat. A Royan, nous avons assuré un rallye propre. A plaine, René découvrait le rallye, la nuit (avec des anti-brouillards modèle 1960) et sans notes nous avons fait un rallye appliqué.

4. Avec quels autres pilotes avez-vous roulé ?
En rallye TT : Gérard LADAURADE, Fanchoa OYHENART, Christophe GUIOT
En rallyes classiques : Alain DARRIGADE, Maurice ROBIDART, Bernard VANGHELUWE, Sébastien LANUSSE, David BESSET et Hugues ROUGIER.
Je dois en oublier, qu’ils m’excusent.

5. Quel est votre meilleur souvenir en Rallye TT ?
Notre première arrivée au marché couvert de Tardets. C’était en 1988 et jusque là nous n’avions pas terminé un seul rallye. Dans le dernier passage du portail, nous avons cassé un triangle supérieur que nous avons réparé au milieu du mur avec la sangle de la batterie, une ceinture de combinaison, bref ce que nous avions. Nous avons franchi le sommet de La Madelaine où il ne restait plus personne (ou presque) et avons effectué la descente entre les spectateurs qui descendaient avec le chrono qui tournait et la mise hors course qui approchait. En bas, mon oncle faisait la circulation dans Tardets pour nous ouvrir le passage vers le parc. Il faisait rentrer les autos des spectateurs dans les cours des maisons, les déviait de ci de là. Nous avons pointé à 1’ de la mise hors course. Quelques copains concurrents nous attendaient dans le parc. Je n’arrivais pas à quitter l’auto, je crois que c’est Fanchoa qui est venu me chercher … je pleurais ... Et puis cette année, il y a le plaisir d’être à l’arrivée du 50ème Rallye des Cimes, 30 ans après les pentes de l’Aradoy. Et puis … et puis … et encore …

6. Donnez-nous les points forts et les points faibles de cette discipline…
Pour moi les points forts de la discipline sont en train de la quitter. C’était une discipline ouverte à tous (ou presque). Avec un peu d’imagination, chacun se montait une auto et allait se mesurer aux autres. Les spectateurs venaient voir courir le garagiste du village, le jeune qui avait monté son auto avec quelques copains. Les recos étaient interdites et tout le monde partait sur un pied d’égalité. Il y avait quelques surprises avec des pilotes inconnus et de petites autos qui réalisaient des exploits (Anicet avec le Cat Bug). Quant vous étiez « tanqué » dans un fossé, votre concurrent s’arrêtait et vous sortait de là. Lorsque vous aviez un souci, tous se précipitaient sur l’auto pour vous aider à réparer. Aujourd’hui, c’est une belle discipline avec de belles structures dans les parcs, de belles autos très pointues. Chaque saison, les budgets gonflent, les structures se « professionnalisent ». On roule plus vite qu’en rallye asphalte avec les Kit cars que j’ai eu l’occasion de naviguer. A coté de cela : On passe de plus en plus de temps en vérifications, pointages et on roule de moins en moins. Ca va trop vite, ça devient dangereux. La nouvelle règle de pointage à l’entrée des parcs assistance va ponctuellement conduire à prendre des risques en liaisons. Les recos sont de plus en plus longues, les courses de plus en plus coûteuses. Les autos sont à des prix déraisonnables voir indécents. Les budgets mis en œuvre n’ont plus rien à voir avec les retombées ou le plaisir. Le fossé entre « semi-pro » et amateurs se creuse … Dés cette année, celui qui comme nous au début, n’aura pas les moyens d’avoir un camion d’assistance devra payer une taxe pour avoir une seconde 2CV pour emmener les glacières dans le parc. Demain, pour être au niveau des autres championnats il faudra payer pour marquer des points, pour avoir droit de participer au super rallye. Ajoutons à cela l’écologie de parade qui gagne notre société. Une pincée de risques administratifs avec nos autos aux cartes grises fantaisistes, sans contrôle technique ni assurance propre sur route ouverte en liaison. Et vous comprendrez que je suis très inquiet pour l’avenir à long terme de la discipline. J’ai peur de voir le Rallye TT suivre le même chemin que le Supertourisme ou Super 1600.

7. Que pensez-vous de l’évolution des buggys de vos débuts à aujourd'hui ?
L’évolution est énorme ! Nous roulions dans des bricolages de génie, nous roulons actuellement dans des autos de course. Avec 170 CV vous étiez un « nantis », les amortisseurs s’achetaient à la casse. Avec la même auto, nous roulions en Rallye TT, en endurance et à l’occasion sur une Baja ou un Raid. Mais nos autos avaient une âme, un esprit qui était celui du constructeur ... L’espiègle Méhari de OYHENART, les austères mais efficaces PACCHIAUDI, les géniales inventions de BIDART, COUILLET ou JUNQUA, les autos « pétillantes » des basques de la côte, les autos « plates » de ceux du nord, PUNCH ou STRAKIT. Aujourd’hui ce ne sont que du matériel de compétition, efficaces mais uniformes et aseptisés. Un T1A de nos jours ne peut rouler qu’en rallye TT. J’ai parfois l’impression que nos autos n’ont rien à faire dans la boue et les cailloux des spéciales d’un rallye TT … c’est sans doute pour ça que certains ne veulent pas rouler en TT mais sur des chemins stabilisés ou du goudron.

8. Suivez-vous la discipline voisine, l’endurance TT ?
Oui puisque je courre avec C GUIOT sur une « voiture passion ». Une jeep qui a été construite par Pierrot FOUGEROUSE pour le Paris – La Cap de 1998. C’est un Cherokee équipé d’un moteur R21 Turbo de 350 Cv, ça marche plutôt bien mais les transmissions souffrent et nous avons passé une année difficile. J’avoue y prendre actuellement plus de plaisir qu’en rallye. Sans doute parce que je conduis, que l’ambiance y est plus décontractée et qu’il y a moins de pressions administratives.

9. Pensez-vous qu’une plus grande médiatisation du championnat serait bénéfique à la discipline ?
Que voulez vous médiatiser ? Des berlines qui roulent en TT, ça va intéresser qui ? Ni les passionnés de 4x4 qui ne se reconnaissent pas dans ces autos, ni le grand public qui ne comprendra jamais ce que vont faire de telles autos dans des chemins défoncés. Médiatiser la discipline ne pourrait qu’attirer l’attention sur nous dans cette période d’écologie bien pensante. On a bien assez de soucis pour organiser une course sans ça !

10. Quel est le programme et l'objectif pour 2007 ?
Nous ne pourrons malheureusement pas refaire une saison complète pour des raisons budgétaires et de temps libre. Les nouvelles règles édictées par la fédé vont inexorablement rallonger le temps nécessaire pour reconnaître (1 à 2 jours de plus). René doit faire marcher son entreprise, j’ai des responsabilités dans la mienne et je n’ai que 25 jours de congés à prendre par an. Nous roulerons sur les épreuves du sud en essayant de rentrer dans les 15. Je suis pour ma part moins motivé, attendre 20’ devant la table de pointage après chaque ES pour rentrer dans le parc assistance, encore 5’ pour sortir, encore 10’ pour prendre le départ pour 8’ de spéciale, cela devient … rébarbatif.

11. Selon-vous qui sera champion de France en 2007 ?
Je pense que Laurent sera le grand favori. Je pense aussi, vu le règlement, qu’il peut y avoir une surprise. Si personne ne domine, on peut retrouver par exemple … un BOWLER 4.5 litres aux normes FIA. Il peut rentrer ponctuellement dans les 10 et remporter sa classe à tous les rallyes. En tout cas si j’avais les moyens … Mais un Hugues HAINES pourrait en profiter.

12. Prenez vous le temps de consulter les différents sites internet consacrés au championnat de France des Rallyes TT ?
Bien trop souvent au goût de mon épouse … Je rends visite presque tous les soirs aux différents sites et sur le forum. Je trouve que celui-ci manque un peu de discussion de fond. Les pilotes ne sont pas au rendez-vous. Ils ne semblent, dans l’ensemble, pas très sensibles au devenir de la discipline. Je trouve formidable la bande de passionnés dont vous faites parti qui font vivre la discipline à travers leurs sites. C’est en grande partie grâce à vous que la discipline reste une grande famille. J’en profite pour tirer un grand coup de béret aux deux familles qui sont à la naissance de tous ces liens. Encore bravo et merci aux HERBERT et OMNES.

13. Quels conseils donneriez-vous à tous ceux qui veulent débuter dans le rallye TT et à ceux qui veulent monter dans un baquet de droite ?
Foncez, n’attendez pas que l’on vienne vous chercher ! Allez dans votre ASA locale, participez à la vie du club, donnez un coup de main aux pilotes, prenez une licence de commissaire, faites vous connaître ! De nombreux pilotes sont à la recherche de copilotes avec ou sans budget. Pour celui qui veut débuter derrière un volant, ça devient dur ! Hier, j’aurais dit « Achetez un vieux lada, une bonne caisse à outil et rendez vous sur les pistes ». Aujourd’hui … « Jouez au loto ! ».

Encore merci pour avoir accepté cette interview!

Denis Bossy
(Photo © N.Malpièce)
Denis Bossy Denis Bossy